Charlemagne remettant à Roland l'épée Durendal et l'olifant

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dimanche 2 février 2014

Bertrand du Glay-Aquin (3/3)

"Or vous ai-je racompté la première fondation et venue de messire Bertran de Claiequin, que nous dussions dire du Glay-Aquin. Et vous dy que messire Bertran disoit, quand il ot bouté hors le roy dam Piètre de son roiaulme de Castille et couronné le roy Henry de Castille et d'Espaigne, que il s'en vouloit aler au roiaulme de Bougie, (il ne avoit que la mer à traverser), et disoit que il vouloit reconquérir son royaulme et son héritaige. Et l'eust sans faulte fait, car le roy Henry luy vouloit prester gens à plenté en bons navires pour aler en Bougie, et s'en douta moult grandement le roy de Bougie ; mais ung empeschement luy vint qui rompit tout ; et fut quand le prince de Galles guerroia le roy Henry, et il ramena le roy dam Piètre et par puissance il le remit en Castille...

Et pour ces causes et autres se desrompirent les propos de messire Bertran, car la guerre de France et d'Angleterre renouvella. Si fut tellement occupé et ensonnié que il ne pot oncques ailleurs entendre, mais pour tant ne demeure mie qu'il ne soit issu du droit estoc du roy Aquin, qui fut roy de Bougie et de Barbarie. Or vous ay-je racompté de l'ancienne geste et extrassion de messire Bertran du Glay-Aquin."

 [...]

"Qui sait, ajoute M. Siméon Luce dans son excellente Histoire de du Guesclin, si ces illusions entretenues sans doute dès l'enfance n'ont pas exercé quelque influence sur l'ambition, et par suite sur les destinées du connétable ?" Nous le croyons, et pour nous la légende d'Aquin doit figurer dans la biographie de du Guesclin, à côté de la prédiction de la converse juive.

Il importe cependant de remarquer que le récit de Froissart n'est pas seulement celui de la chanson de geste. Il s'y est ajouté une continuation. Dans le poème que nous publions, se trouve bien une tour d'Oregle ou d'Oreglé, qui rappelle évidemment celle de Glay, mais Aquin et sa femme n'y oublient aucun enfant. Cet enfant est inconnu du premier trouvère ; il faut donc admettre une reprise du vieux thème sous une forme plus romanesque. A-t-elle donné lieu à une autre chanson aujourd'hui perdue ? On ne peut le savoir."

Le roman d'Aquin ou la conqueste de la Bretaigne par le roy Charlemaigne, chanson de geste du XIIe siècle publiée par F. Joüon des Longrais, Nantes, Société des bibliophiles bretons et de l'histoire de Bretagne, 1880.

Eh bien, vous savez tout, chers lecteurs. Et je suis sûr que vous aurez désormais à coeur de prononcer correctement le nom du bon connétable.

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