Charlemagne remettant à Roland l'épée Durendal et l'olifant

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lundi 1 juillet 2013

Les Sarrasins épiques

"Par l'expression Sarrasins épiques nous désignons les Sarrasins de nos chansons, c'est-à-dire l'ensemble des peuples qui s'y réclament de Mahomet. En ce sens les termes de musulmans et de Sarrasins épiques se rejoignent. Par là ils sont inséparables, mais les deux concepts ne se superposent pas. En effet, les Sarrasins épiques sont des païens et Mahomet est généralement pour eux non un prophète mais un de leurs dieux. L'objet de notre travail est précisément d'étudier les relations entre ces deux concepts ; d'un côté les musulmans historiques et de l'autre les Sarrasins épiques.

Parmi les Sarrasins épiques figurent des peuples originaires des trois parties du monde connu au Moyen Age. La plupart de ces peuples sont identifiables. Peuples d'Asie : Turcs, Arabes (Arabis), Perses (Pers), Bédouins (Beduïns), Syriens (Suliens), Arméniens (Ermins), Indiens même, auxquels s'ajoutent les Turcopoles (Turcoples) qui sont, en réalité, des mercenaires au service de Byzance. Peuples d'Afrique : Africains, Maures (Mors), Berbères (Barbarins), Ethiopiens, Nubiens, Almoravides (Amoravis), qui sont dans la réalité une dynastie Berbère mais que les poètes épiques assimilent à un peuple. Peuples du Nord et du Nord-Est de l'Europe, considérés comme païens : Saxons (Saisnes), Normands (Norois ou Danois), Hongrois (Hungres), Bulgares (Bougres), Slaves (Esclers, Esclavons, Clavers) et même Grecs. D'autres peuples sont plus difficiles à identifier. Ces derniers figurent surtout dans La Chanson de Roland, en particulier dans l'épisode de Baligant, parmi les peuples qui combattent sous la bannière de l'émir : "Micenes", "Nubles", "Blos", "Bruns", "Sorbres", "Sorz", "Soltras", "Avers", "Ormaleus", "Eugiez", "Leus" et "Astrimonies". Il est aussi question d'un roi "leutiz" et d'un détachement orginaire de "Bruise"."

Les Musulmans dans les Chansons de Geste du Cycle du Roi, Paul Blancourt, Université de Provence, 1982.

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