lundi 21 janvier 2013

Aspremont (4/10)



Résumé de l'action :

Eaumont découvre avec horreur la prise de sa tour. Furieux, il passe sa rage sur les Chrétiens en tuant plusieurs chevaliers. Rénier, le fils de Girard, courroucé de voir ses amis tomber, l'attaque vaillamment, mais Eaumont prend le dessus : le jeune homme ne doit son salut qu'au secours des autres barons bourguignons (c'est ainsi que sont usuellement désignés les hommes de Girard, qui est duc de Bourgogne, entre autres dignités). Eaumont est contraint à fuir, avec les rescapés de son armée. 

S'étant réfugié à quelque distance du théâtre du combat, il choisit des messagers et leur demande d'aller chercher des renforts au campement sarrasin, mais ce, sans prévenir Agolant, car le prince a trop honte de sa défaite pour supporter que son père l'apprenne. Les messagers s'acquittent fidèlement de leur mission : une gigantesque armée de secours se met en route pour prêter main-forte à Eaumont, conduite par bon nombre des principaux chefs païens, parmi lesquels Balant et Gorhant.

Eaumont se lamente auprès des nouveaux arrivants de la mort de ses gens et de la perte de ses dieux. Voulant obtenir vengeance, il prend le commandement des troupes fraîches et s’apprête à reprendre le combat. Voyant s'avancer contre eux cette foule immense, les Bourguignons s'effraient, mais Girard leur rend courage, en leur rappelant que mourir pour la cause de Dieu leur ouvrira les portes du Paradis. Il fait dresser l'enseigne de saint Maurice (comprenez : la bannière de la cathédrale Saint-Maurice de Vienne, comme l'oriflamme est la bannière de l'abbaye de Saint-Denis).

Survient l'avant-garde de Charlemagne. Les barons francs, ne reconnaissant pas les Bourguignons, les prennent pour des ennemis et jugent souhaitable de demander des renforts à l'empereur. Salomon de Bretagne demande à plusieurs chevaliers, parmi lesquels Richier, de retourner prévenir Charles. Tous refusent : ils veulent rester et combattre pour Dieu. C'est finalement Turpin, l'archevêque guerrier, qui accepte la mission.

Prévenu par Turpin, Charlemagne ordonne à son armée de se préparer, et remet, avec émotion, l'oriflamme de Saint-Denis au duc Fagon : c'est un immense honneur, dont Fagon exprime le souhait de se montrer digne. L'empereur vient joindre ses forces à celles de Salomon.

Charles désigne quatre barons (Ogier le Danois, Naymes de Bavière, Flavent et Bérenger) pour s'approcher des Bourguignons qu'il prend pour des païens, et déceler leurs intentions. Voyant venir ces quatre chevaliers - qu'il prend pour des païens - Girard, toujours soucieux d'éprouver la valeur de ses fils et de ses neveux, leur ordonne d'aller jouter contre les arrivants, ce qu'ils font volontiers.

Clairon désarçonne Ogier, le cheval du Danois ayant failli. Boson blesse grièvement Flavent à la tête : il ne pourra plus jamais combattre, et le poète nous annonce que de cette blessure sortira une guerre privée, qui ensanglantera la France et coûtera un jour la vie à Boson. Naymes et Ernault, Bérenger et Rénier se désarçonnent mutuellement. Les chevaliers s'apprêtent à s'entretuer, et poussent leurs cris de guerre : "Montjoie !" et "Saint Maurice !". Ils se reconnaissent pour des chrétiens, se présentent et, comprenant leur méprise, mettent un terme au combat.

Les deux armées chrétiennes s'approchent l'une de l'autre. Girard, voyant venir Charles, est saisi d'admiration face au majestueux empereur. Les deux hommes s'embrassent avec effusion. Pendant ce mouvement, le bonnet de zibeline de Charlemagne choit à terre, et Girard se baisse pour ramasser la coiffe et la rendre au souverain. Il ne s'agit  que d'un geste de respect spontané, mais qui peut s’interpréter comme une marque d'hommage vassalique. Turpin, portant rancune à son cousin qui a tenté de le tuer, s'empresse de noter le geste sur un parchemin, qui fera office de preuve juridique.

Girard accepte de se placer sous le commandement de Charlemagne pour combattre les païens. L'empereur se revêt de ses armes, et le poète en fait une longue et élogieuse description : il a splendide allure, au point qu'on pourrait le prendre pour un ange. Girard ne peut s’empêcher de reconnaître que Charles est digne de régner sur toute la Chrétienté.

Le pape harangue les chevaliers. Il leur rappelle que le Christ pardonna à Longin, qui l'avait percé de sa lance sur la Croix, et les invite à gagner le même pardon en se battant pour Lui. 

Charles divise son armée en sept bataillons, qu'il confie à ses principaux barons. L'avant-garde d'Eaumont charge déjà, et à sa tête chevauchent quatre rois, parmi lesquels Balant, reconnaissable à son écu aux trois lions d'or. S'engage alors une bataille terrible, longue et disputée. Girard et sa parentèle s'y illustrent par de beaux faits d'armes. Les Païens sont très supérieurs en nombre, mais lorsque la nuit sépare les deux armées, Eaumont laisse à terre, blessé ou morts, près de la moitié des siens.

La nuit se passe dans la tension et la vigilance. Eaumont s'afflige de ses pertes, s'emporte contre les flatteurs  et les vantards qui, en Afrique, lui prédisaient une facile victoire, et au moment décisif, ne lui sont d'aucun secours. Balant lui reproche de ne pas avoir écouté ses avertissements Eaumont admet qu'il a eu tort, et se promet de punir les mauvais conseillers.

La bataille reprend dès l'aube. Les sarrasins combattent rageusement. Le roi Trïamodès tue Geoffroi Grisegonnelle. Eaumont fait des ravages avec Durendal. Ogier le Danois, désireux de mettre un terme au carnage que fait le fils d'Agolant, l'attaque courageusement et, d'un coup de son épée Courte, tue accidentellement le destrier du païen. Eaumont s'émerveille de rencontrer une adversaire aussi fort et audacieux, et remarque que si Courte était plus longue, elle serait l'égale de Durendal (les deux épées, comme la plupart des lames de nos épopées, proviennent en effet des forges de Galant, l'armurier légendaire issu des traditions germaniques, Wieland chez les Scandinaves).

Eaumont frappe Ogier et, voulant le pourfendre, tue son cheval. Anquetin le Normand vole au secours de son ami, et lui rend un autre destrier. Eaumont est également remonté en selle. La vue des pertes effroyables qu'il a subies le pousse à combattre plus hardiment que jamais : il continue ses ravages. 

Les païens sont toujours supérieurs en nombre : la lutte paraît désespérée. Voyant cela, Girard accepte avec sérénité la perspective du martyre, et prie avec ferveur avant d'exhorter ses gens à mourir pour Dieu comme Dieu est mort pour eux. Les Bourguignons l'assurent de leur détermination, et jouent en effet un rôle décisif : sans eux, les sarrasins prendraient le dessus.

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