Charlemagne affrontant le Paganisme

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vendredi 10 février 2012

Un Homère baptisé


En attendant de poursuivre nos pérégrinations héraldiques, je vous invite, si vous le voulez bien, à suivre ce lien. Rendez-vous alors à la page 172 du PDF, ou à la page 161 de l’ouvrage proprement dit. Vous y trouverez un entretien extrêmement intéressant avec Léon Gautier, un de nos médiévistes du XIXème siècle, auteur des Epopées françaises et l’un des pionniers de la redécouverte de nos chansons de geste. Somme toute, un grand homme.



L’article est doublement intéressant : il donne du genre une description encore largement valable aujourd’hui, tout en dénonçant les préjugés de l’époque sur le Moyen Âge, préjugés qui ont encore la vie dure.

Je ne dis pas que tout y soit à prendre pour argent comptant. Léon Gautier a écrit sa grande œuvre en 1865, et la recherche a fait du chemin depuis. En particulier, la question des origines des chansons de geste a vue rompre bien des lances. Gautier adhérait à la théorie des cantilènes, qui avait cours de son temps, et qui depuis a été durement contestée. Mais cette question est un véritable champ de bataille, d’une effroyable complexité, sur lequel se sont affrontés des armées de savant, et je tremble de m’y aventurer sur ce blog. Une autre fois, peut-être.

En outre, Gautier méconnait la dimension mythologique de nos épopées, surestime probablement leurs racines germaniques et néglige les considérables influences celtiques qu’on y décèle.

Il est également fort sévère à l’égard de nos épopées tardives, qu’il juge décadentes. Je serais plus nuancé : s’il est vrai que les chansons de geste de la dernière période, qui tendent au verbiage, n’ont plus le souffle épique et la simplicité majestueuse des plus anciennes, elles ne sont pas pour autant vides de beautés, et certaines comportent des tentatives de renouvellement intéressants, et des passages fort estimables, même si elles souffrent assurément de la comparaison avec leurs devancières. La Belle Hélène de Constantinople, dont je vous ai déjà parlé, compte parmi ces épopées tardives, et elle recèle bien des trésors dont j’ai l’intention de vous entretenir.

Cependant, d’une manière générale, Léon Gautier était sur la bonne voie. Les études épiques ont envers lui une dette qu’il serait ingrat d’oublier, et beaucoup de ses remarques sont justes. Ainsi, quand il distingue la foi subtile du théologien de la foi simple et robuste du trouvère, je ne peux que l’approuver pleinement.

2 commentaires:

  1. "Mais cette question est un véritable champ de bataille, d’une effroyable complexité, sur lequel se sont affrontés des armées de savant, et je tremble de m’y aventurer sur ce blog."
    Noooon, cher Mat ! Laissez-les batailler et prenez soin de vous, nous tenons à votre santé.
    Je ne sais pas, mais je doute que vous soyiez un trader ou un assureur, vous.
    Mais je peux me tromper.
    Attention, vous prenez beaucoup d'engagements et vous n'êtes pas un homme politique, donc vous vous devez de les tenir: "elle recèle bien des trésors dont j’ai l’intention de vous entretenir.". Ca, pluss les blasons.

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  2. Je me rends compte que je multiplie les effets d'annonce, en effet. C'est qu'il y a tant de choses dont je voudrais vous parler ! Mais je tiens mes promesses, même si je suis parfois long. Du reste en l'occurence, les deux sont liés, puisque c'est précisément dans la Belle Hélène de Constantinople que sont révélées les origines légendaires des armoiries de France et d'Angleterre.

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