Charlemagne remettant à Roland l'épée Durendal et l'olifant

Charlemagne remettant à Roland l'épée Durendal et l'olifant

dimanche 4 décembre 2011

Le sacrifice de Roland

Dans mon billet précédent, j’ai dépeint, sans guère m’y attarder, le personnage de Roland comme un parangon de chevalerie. Je pense qu’il n’est pas inutile d’y revenir, tant il est vrai qu’aujourd’hui, cette conception ne va pas de soi. La figure de Roland me semble de nos jours très dépréciée : on voit généralement en lui un arrogant, ayant provoqué à Roncevaux un désastre inutile par son refus absurde de sonner du cor pour rappeler Charlemagne à son aide. Cette interprétation est compréhensible, mais était-ce ainsi que les hommes entendant chanter, sur les places et dans les salles des châteaux, la Chanson de Roland, considéraient le héros ? Epineuse question : se représenter comment pensaient nos lointains ancêtres est chose malaisée, et bien des jugements péremptoires et injustes seraient peut-être évités si nous prenions réellement en compte la grande distance qui existe entre notre mentalité et la leur. Pouvons-nous savoir comment ils considéraient Roland ?

Fort heureusement, de ces époques lointaines, nous avons hérité de nombreux textes, qui ne nous laissent guère de doutes, au moins sur un point : on voyait en Roland un saint. Le Pseudo-Turpin est à cet égard très éclairant :

« Roland, quant à lui, fut transporté à Blaye, sur deux mules, dans un cercueil tapissé d’or et recouvert d’une étoffe somptueuse. Charles le fit ensevelir solennellement dans l’église Saint-Romain que Roland avait fait jadis édifier lui-même et où il avait placé des chanoines réguliers. Il fit déposer son épée près de sa tête et son olifant à ses pieds, pour la gloire de Jésus-Christ et de sa fidèle chevalerie. L’olifant a depuis été transféré en grande pompe dans l’église Saint-Seurin à Bordeaux. Heureuse et riche est la ville de Blaye, qui est illustrée par un tel hôte, que réjouit le réconfort de posséder un telle dépouille et qui reçoit d’elle une protection si glorieuse ! »

( La Légende de Compostelle, Le Livre de saint Jacques, Bernard Gicquel, Tallandier, 2003. )


Le corps de Roland est donc une relique, digne de vénération et capable d’assurer à la ville de Blaye une protection spirituelle. Mais si nous doutons encore de la sainteté du héros, une visite à ce joyau de la Beauce qu’est la cathédrale de Chartres devrait nous en convaincre. En approchant de l’édifice, nous pourrons déjà admirer, à l’extérieur, une superbe statue de Roland, porteur d’un écu fleurdelisé et faisant pendant à saint Georges : les deux chevaliers, placés de part et d’autre d’une rangée de saints personnages de pierre, semblent protéger leurs compagnons désarmés, et défendre l’édifice contre les assauts du Malin.



Pénétrons à présent dans le sanctuaire. Sur le vitrail de Charlemagne, nous trouverons de nouveau Roland, porteur d’un nimbe vermeil, alors qu'il sonne du cor, et tente de briser sa fidèle épée Durendal :



Eh bien, soit, me direz-vous, on tenait Roland pour un saint. Et après, Mat ? Quel est l’intérêt d’avoir démontré cela ? Après tout, au fil des siècles, tant de personnages étranges furent réputés saints : même un lévrier eut ce curieux honneur ! Quelle importance ? Tu ne réponds pas à la question que tu as toi-même posée, la seule question qui vaille la peine d’être posée : comment le responsable du désastre de Roncevaux peut-il être une figure positive ? Comment conciliait-on donc sa sainteté avec son orgueil, son refus de sonner du cor ?

La question, j’en conviens, est ardue. Pour y répondre, mieux vaut sans doute éviter de faire de la Chanson de Roland une lecture trop moderne. Nous vivons dans une culture du résultat, et peut-être cela nous donne-t-il l’habitude de juger de la légitimité, de la pertinence, en somme de la moralité d’un acte, en fonction de ses conséquences, de son efficacité, de sa réussite. De ce point de vue, des choix tactiques ayant entraîné une défaite ne peuvent nous apparaître que mauvais. Est-ce ainsi que l’on raisonne au Moyen Age ? Sans doute dans une certaine mesure : après tout, une société où personne ne se soucierait de la réussite de ce qu’il entreprend aurait bien du mal à prospérer, sans parler d’ériger des cathédrales. Mais est-ce là tout ?

Les figures proposées à l’admiration des foules, au Moyen Age, sont d’abord le Christ, bien évidemment, puis la foule des saints. Parmi ces saints, les premiers à être l’objet d’un culte furent ceux qui, suivant l’exemple du Christ, donnèrent leur vie par amour pour lui : les martyrs. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le texte rassemblant la liste des saints catholiques porte le nom de martyrologe.

Le Christ, dieu crucifié, et des hommes tués à son imitation, voilà ce qui paraît sublime à des yeux médiévaux : le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne s’agit pas là, d’un point de vue strictement temporel et humain en tout cas, d’exemples de succès et de réussite ! Oh, certes, me rétorquerez-vous, ces martyres sont tout de même supposés porter des fruits tout-à-fait concrets : le sang des martyrs, dit l’adage, est semence de Chrétiens. Eh bien, vous rétorquerai-je à mon tour, si c’est à ce genre d’efficacité post-mortem que vous pensez, force nous est d’admettre que le sacrifice de Roland et de ses compagnons fut remarquablement efficace : les guerriers francs, vendant chèrement leurs vies, ne succombèrent pas avant d’avoir anéanti le gros des armées du sarrasin Marsile. Grâce à eux, Charlemagne, revenu les venger, put parachever la conquête d’une Espagne qui jusqu’à lors lui résistait et, dans l’ordre de la légende, y instaurer le christianisme.

Mais Roland n’aurait-il pas pu, me demanderez-vous encore, en sonnant du cor, assurer à moindres frais à son seigneur un triomphe identique ? Tel était après tout l’avis du sage Olivier. Question légitime, à laquelle je ne prétends pas apporter une réponse définitive. Je me contenterai d’ailleurs de laisser la parole, et le dernier mot, au grand médiéviste Joseph Bédier :

« Roland reste donc à l’arrière-garde ; avec lui, en volontaires, les pairs et vingt-mille « Français de France ». Contre eux l’assaut se prépare : cent mille ennemis, que commandent douze pairs sarrasins. Olivier, monté sur un tertre, les découvre et ils sont tant qu’il ne peut dénombrer même les corps de bataille : « Les païens sont très forts, dit-il, et nos Français, ce me semble, sont bien peu. Roland, mon compagnon, sonnez donc votre cor : Charles l’entendra et l’armée reviendra. »
            Roland ne veut, ne peut y consentir :

« Je fereie que fols !
En ducle France en perdreie mun los ! » (los : renom, gloire)

            Et trois fois olivier insiste, et trois fois Roland refuse : Olivier est sage, Roland est preux, dit le poète. Et qui blâmerait Roland d’être preux, mais qui ne se demanderait aussi, à ce moment de l’action, si sa prouesse n’est pas démesurée, si son cœur « pesme et fier » ne le pousse pas jusqu’à l’orgueil, jusqu’à la folie ? Et désormais le poète éveille cette âpre et angoissante curiosité : « Prouesse vaut-elle sagesse ? »
            Or l’épreuve, d’abord, est dure à Roland : trois batailles que lui livrent coup sur coup les Sarrasins sont autant d’assauts à son héroïque assurance. Il a reçu la première attaque avec l’allégresse du chef assuré de vaincre, et les païens sont tombés « par troupeaux », et les pairs sarrasins ont presque tous succombé ; mais les Français aussi ont souffert ; et lorsque commence la deuxième bataille, Roland, toujours aussi résolu, n’est pourtant plus aussi confiant ; et lorsque, après la mort de dix des pairs français, une troisième bataille s’engage, plus pesante encore, où périssent tous ses compagnons, sauf soixante, il voudrait bien enfin sonner de son olifant, rappeler l’empereur.
            Trois fois à son tour, Olivier, avec une ironie amère, lui déconseille de le rappeler ; il sait, comme Roland d’ailleurs, qu’il est trop tard et il raille la « folie » où s’est obstiné son compagnon :

« Quant jel vos dis, n’en feïstes nient ;
Mais nel ferez par le men loement : (conseil)
Si vos cornez, n’er mie hardement !... » (ce ne sera pas d’un preux)

            Roland a sonné : sa grande âme a-t-elle donc fléchi ? Nous faut-il reconnaître que sa prouesse n’était que « folie » ? Mais non : quand il a recueilli le dernier soupir de ses plus chers compagnons, quand il reste seul debout et qu’approche l’heure de son propre trépas, il est vainqueur ! Le fils de Marsile a péri de sa main ; Marsile a fui, le poing droit tranché ; et l’armée sarrasine tout entière a été saisie de terreur.
            Du champ de carnage et d’honneur, il reste le maître, et Turpin l’a proclamé :

« Cist champ est vostre, la mercit deu, e mien ! »

            En belle ordonnance, Roland a rangé sur un seul rang les corps de ses pairs, et, près de mourir à son tour, il s’étend face contre terre, en avant des autres, la tête tournée vers la gent païenne, « afin que Charles dise, et tous les siens, qu’il est mort en vainqueur, le gentil comte ». Les anges du ciel descendent vers lui. Il tend vers Dieu son gant droit ; saint Gabriel l’a pris de sa main :

« Morz est Rollant, Deus en ad l’ame es cels. »

            La nuit qui précéda la bataille d’Hastings fut consacrée par l’armée normande à la prière. A l’aube, les troupes, ayant entendu la messe, furent bénies par Robert, évêque de Bayeux, qui avait revêtu un haubert sous son rochet. Puis, au dire du chroniqueur Guillaume de Malmesbury, tandis que le duc s’armait, on chanta devant lui, pour proposer à ses barons l’exemple d’un vaillant (martium viri exemplum) la Chanson de Roland. Ce n’est, il est vrai, qu’une légende, dont Wace s’est inspiré pour en imaginer une autre : celle de ce jongleur, Taillefer, qui, en avant des troupes, à l’instant même où elles se jetaient sur l’ennemi, aurait chanté :

De Karlemaine et de Rollant,
Et d’Olivier et des vassals
Qui morurent en Raincesvals.

            Mais ces légendes sont « plus vraies que l’histoire ». Quel poème pouvait mieux répondre à l’enthousiasme de ces gens de guerre, animés d’une confiance égale en leur prince et en Dieu ? D’où pouvait leur venir une exaltation plus noble que de ce sublime paradoxe qui proclame la primauté de la folle prouesse ? »

(Histoire de la littérature française illustrée, publiée sous la direction de MM. Joseph Bédier et Paul Hazard, Paris, 1923.)

15 commentaires:

  1. ce billet est très intéressant surtout du point de vue littéraire. j'étudie l'histoire et je sais que les faits sont contestés. les Francs auraient perdu et ils auraient combattu contre des Basques.
    Roland est surtout le reflet d'une époque, de sa mentalité et de sa littérature. Les épopées sont là pour le traduire que les faits soient vrais ou faux. le plus intéressant c'est ce qu'elles veulent nous montrer.Le personnage de Roland nous permet de voir comment les gens du Moyen-Age percevaient l'idéal de la chevalerie.
    Legio25

    RépondreSupprimer
  2. Bien évidement. Avec la Chanson de Roland, nous sommes dans la fiction, la légende, nullement de l'Histoire. Les visées de ce blog sont purement littéraires, pas du tout historiques. Mais je crois sincèrement que la légende, l'épopée, sont des choses d'un grand prix et que plus que jamais, nous avons besoin de nous en souvenir.

    RépondreSupprimer
  3. Fort intéressant. Ce que vous dites de Roland et de son attitude à Ronceveaux me conforte dans l'idée que la chanson de geste, et l'idéal de la chevalerie en général, est une manière d'essayer d'accomplir une synthèse entre le christianisme et certains aspects du paganisme. Synthèse précaire car les deux ne sont pas forcément entièrement compatibles.
    Quand au fait que Roland de soit refusé à sonner du cor jusqu'à ce qu'il soit trop tard, cela me semble une excellente illustration du caractère potentiellement autodestructeur du sens de l'honneur.
    Cela dit en passant, l'analyse la plus profonde que je connaisse de cette question est le Coriolan de Shakespeare.
    Extraordinaire.

    RépondreSupprimer
  4. Cela fera donc la troisième fois que j'essaierai de publier un commentaire, en espérant que cette fois-ci, il puisse apparaître sur le site.


    Vos commentaires sont du nectar.

    On plonge dans l'âme de la France. Si ces belles épopées étaient encore offertes à l'exaltation des élèves, comme c'était le cas il y a peu encore, la mentalité des Français ne dégénèrerait pas aussi vite.


    Nous y voyons le prix de la vie éternelle contre celui de la vie terrestre aujourd'hui.

    Nous y voyons le sens du sacrifice contre l'égoïsme individualiste aujourd'hui.


    Nous y voyons que les héros redoutent par-dessus tout la vanité contre la vanité absolue du "peoplisme" d'aujourd'hui etc. etc.



    Autre chose: je trouve une certaine similitude entre le péché de Charlemagne et celui du roi David... Mais à approfondir.



    Bonne continuation et merci de ces analyses si limpides.



    Pour ajouter un mot aux deux précédents intervenants, Plus que les faits historiques, toujours manipulés, la mise en valeur ou la mise sous l'éteignoir des légendes sont symptomatique de l'état d'âme d'un peuple.

    Lorsqu'un peuple exalte ses héros, se les approprie et s'en félicite, ce peuple est appelée vers l"'héroïsme de ses modèles.

    Lorsqu'au contraire , comme de nos jours, le peuple est accablé par les reproches et les repentances, il se renie. La lecture négative de son Histoire le pousse à se détester lui-même et cela peut aller jusqu'à l'auto-destruction.

    De ce point de vue les légendes (noires ou lumineuses) sont plus parlantes pour l'Histoire que les faits eux-mêmes.

    La légende de Roland fait partie des légendes lumineuses qui ont fait le génie de la France.

    RépondreSupprimer
  5. @ Aristide: J'avoue à ma grande honte n'avoir pas lu Coriolan. Sur le fond de votre message, je suis bien d'accord avec vous. A vrai dire, la synthèse d'influences païennes et chrétiennes qui caractérise la culture médiévale est un sujet qui me passionne. Encore une chose que je dois, peut-être à mon "maître" Philippe Walter, qui a longuement disserté de cela dans son ouvrage "Mythologie chrétienne".

    En ce qui concerne le bien-fondé du choix de Roland, vous remarquerez que je me garde bien de formuler une réponse claire et univoque. J'avance juste des pistes de réflexion et d'interprétation. D'ailleurs, ça ne servirait pas à grand chose que je me permette de trancher. Ce n'est pas mon rôle. Et puis, vouloir juger, toujours juger les gens et les choses, à mille ans d'écarts... C'est un truc de modernoeud. Très peu pour moi.

    @ Gentiloup : Merci de votre visite ! Quant à la désaffection de nos contemprrains pour ces épopées, vous vous doutez bien que je ne serais pas là si je ne la déplorais pas. C'est un vrai trésor dont on se prive. A l'inverse, les Finnois et les Estoniens continuent de s'abreuver aux sources que sont le Kalevala et le Kalevipoeg, et tous les Islandais cultivés ont les sagas dans leur bibliothèque. Alors pourquoi pas nous ?

    RépondreSupprimer
  6. "Prouesse folle" ou "martyre" ? Le prudent Olivier, fonctionne selon une logique plus acceptable en notre temps mais ce n'est pas lui le héros.

    D'ailleurs ce passage que vous citiez dans un précédent billet donne une réponse me semble-t-il.

    "Sun destre gant a Deu en puroffrit ;
    Seint Gabrïel de sa main li ad pris.
    Juntes ses mains est alét a sa fin.
    Deus li tramist sun angle Cherubin
    E seint Michel de la Mer del Peril,
    Ensembl’od els seint Gabrïel i vint ;
    L’anme del cunte portent en pareïs."

    Si Dieu lui envoie telle escorte pour l'emmener en paradis c'est que son sacrifice n'est ni vain ni entaché du péché d'orgueil. Du moins pour l'auteur et pour son auditoire...

    Roland, héros archétypal, a agi comme il devait.

    RépondreSupprimer
  7. Pour l'auteur et son auditoire, je le crois, oui. Mais l'expérience m'a appris que, pour nos contemporrains, c'est une idée surprenante, voire choquante. C'est ce constat qui a motivé ce billet.

    RépondreSupprimer
  8. Que cela fait du bien à lire.

    Pour le geste de Roland, s'il est incompris de nos jours, la raison peut être celle ci, nous n'avons plus le sens du sacrifice.

    Il existait encore en 1870:

    "Il était trois heures de l'après-midi. Le général Margueritte ayant reçu l'ordre de charger, prend la tête de la division ; mais à peine a-t-il fait quelques pas qu'une balle lui traverse les joues. On l'emporte aussitôt tandis que le glorieux soldat s'efforce encore de crier : « En avant ! »
    C'est alors que se place la scène légendaire.
    Le général Ducrot accourt au galop.
    - Allons, dit-il, au général de Galliffet, qui remplace Margueritte, allons encore un effort !
    A quoi Galliffet répond simplement :
    - Tant que vous voudrez, mon général, tant qu'il en restera un !
    Et la charge recommence, furieuse, désespérée. Mais les hommes n'en peuvent plus et les chevaux sont fourbus. Ils tombent les uns après les autres sous les coups répétés de l'ennemi.
    Et, pendant que s'accomplit l'hécatombe, le roi Guillaume de Prusse, qui suit la terrible scène des hauteurs de Frénois, ne peut retenir un cri d'admiration à la vue de ces vaillants cavaliers qui s'élancent si magnifiquement à la mort. « 0 ! tapfere Leute ! Oh ! les braves gens ! » s'écrie-t-il. Et te mot est resté ; c'est celui qui est inscrit sur le monument qu'on vient d'élever. En peut-il être un plus beau "; bien dans la lignée de nos chevaliers du Moyen Âge.

    Bonne journée.

    RépondreSupprimer
  9. Bien loin de moi l'idée de critiquer le sens du sacrifice ou le souci de l'honneur mais il me semble que les caractères "héroïques", comme Roland (ou comme Achille) sont plus ambigus qu'il ne peut le sembler au premier abord. Après tout le sens de l'honneur ou le désir de prouver sa valeur, s'ils peuvent être à l'origine d'actions admirables, peuvent aussi conduire à mépriser la plus élémentaire prudence (au sens élevé du terme), à rechercher systématiquement la position la plus désavantageuse, voire à rechercher la défaite, car c'est dans le sacrifice total que l'on prouve sa noblesse.
    La chevalerie c'est aussi Poitiers et Azincourt, pour ne prendre que deux exemples.
    Bref, les preux sont des personnages problématiques.
    Mon intuition est que les auteurs de nos chansons de geste savaient parfaitement cela, et c'est l'une des raisons de la richesse de leurs écrits. Mais c'est juste une intuition car mes connaissances en la matière (de France!) sont très limitées.

    RépondreSupprimer
  10. En ce cas, si vous le voulez bien, nous allons poursuivre ensemble notre exploration de cette matière, et peut-être verrons-nous si votre intuition se confirme.

    RépondreSupprimer
  11. Si cela est probablement le cas pour le roi Jean II qui resta sur le champ de bataille, une fois la bataille perdue et combattit vaillamment jusqu'au bout plutôt que de s'enfuir, je serais plus circonspect avec Azincourt. L'élite de la Chevalerie française, tellement sur de son succès et si pressée de faire des prisonniers (rançon) n'a pas hésité à piétiner sa propre piétaille pour être certains d'avoir les meilleures places et les meilleures prises.

    RépondreSupprimer
  12. Je me souviens de cette petite fille étrangère, fraîchement débarquée en France, qui ne parlait pas le français et qui pourtant écoutait émerveillée les histoires qu'on lui racontait à l'école : Vercingétorix, Clovis et Clotilde, Charlemagne, Blanche de Castille et Saint Louis, et tous les autres, les gentils et les méchants à qui on dessinait des cornes dans les livres.
    Par une sorte de miracle cette histoire est devenue son histoire.
    Cette petite fille, c'était moi.
    Merci !

    RépondreSupprimer
  13. Mais justement, l'attitude du roi Jean n'est-elle pas à la fois admirable et contestable, si l'on songe à l'effet désastreux qu'a eu sa capture pour les affaires du royaume?
    On peut aussi penser à François 1er à la bataille de Pavie, entre beaucoup d'autres exemples.
    Que de questions passionnantes en perspective.
    Vite, la suite!

    RépondreSupprimer
  14. Auriez-vous la gentillesse de mentionner votre "emprunt" de mes photos ?
    Venant de mon blog sûrement moins intéressant que le vôtre mais enfin...

    http://chambredescouleurs.france-i.com/11911

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Mes excuses. J'avais trouvé ces images par une recherche sur le net et j'avoue n'avoir pas pris la peine de m'assurer de leur provenance. Je m'empresse de les supprimer.

      Supprimer